Perte de poids et injections : pourquoi préserver ses muscles est essentiel pour la santé et la mobilité

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Article en collaboration avec Vivian Seulin , thérapeute en nutrition.

Pourquoi en parler au centre DR.E ? 

Les traitements par injections pour la perte de poids suscitent de nombreuses questions et font aujourd’hui partie du paysage médical. Au centre de physiothérapie DR.E, nous ne prescrivons pas ces traitements et n’encourageons pas leur utilisation. En revanche, nous accompagnons certains·certaines patient·es qui en bénéficient dans un cadre médical, et nous observons leurs effets sur le corps, le mouvement, la force musculaire et les articulations.

Cet article a pour objectif d’informer, de prévenir certaines dérives possibles et de rappeler un message clé : toute perte de poids significative doit être encadrée médicalement et accompagnée sur le plan nutritionnel et physique pour préserver la santé et la fonctionnalité du corps.

Les stylos amaigrissants aident à maigrir, mais pas à tout reconstruire

Les nouveaux traitements par injection, souvent appelés « stylos amaigrissants », peuvent favoriser la perte de poids lorsqu’ils sont prescrits dans des indications médicales précises et sous supervision médicale, notamment dans la prise en charge de l’obésité.

Mais attention : ces traitements n’agissent pas seuls. Une perte de poids rapide peut entraîner une fonte musculaire, fragilisant le métabolisme et les articulations. C’est pourquoi un accompagnement nutritionnel et physique est indispensable pour que la perte de poids soit à la fois efficace, durable et sans fragiliser le corps.

Préserver la masse musculaire : un enjeu souvent sous-estimé

Contrairement à une idée reçue, une personne en surpoids ne possède pas forcément plus de muscles. Une partie de cette masse dite “maigre” peut être infiltrée de graisse, ce qui réduit sa qualité et sa force.

Les stylos amaigrissants favorisent la perte de poids, mais si le déficit calorique est trop important, le corps peut puiser dans le muscle pour produire de l’énergie. Résultat : moins de muscle, un métabolisme ralenti et un risque de reprise de poids plus élevé.

Les études restent partagées sur l’ampleur de cette perte de masse maigre, mais un consensus existe : l’association entre une alimentation adaptée et une activité physique régulière permet de la limiter, voire de l’éviter.
Le maintien d’un apport protéique suffisant et la pratique d’une activité physique régulière sont indispensables pour prévenir ces effets.


L’approche globale : nutrition, mouvement et accompagnement

Le médicament aide à contrôler la faim et les compulsions.
Mais c’est la combinaison de trois leviers qui garantit le succès à long terme :

  1. L’activité physique et le renforcement musculaire → pour préserver et reconstruire le muscle, améliorer la force et la stabilité et protéger les articulations.
  2. Le suivi nutritionnel personnalisé → pour maintenir un bon apport protéique et éviter les carences.
  3. L’accompagnement global → pour soutenir les changements de comportement et favoriser l’adhésion à un nouveau mode de vie.

Ces traitements ne doivent jamais être envisagés isolément ni en automédication. Ils nécessitent un suivi médical régulier afin d’en évaluer les bénéfices, les effets secondaires et les impacts sur la composition corporelle.

Ce travail d’équipe entre médecin, nutritionniste et physiothérapeute / éducateur physique transforme la perte de poids en une reconstruction progressive et efficace du corps et des habitudes de vie.


Moins de poids, mais attention aux muscles !

Avant une chirurgie de la hanche ou du genou, la perte de poids est souvent recommandée en cas de surpoids important.

Chaque kilo perdu représente environ 4 kilos de pression en moins sur le genou : un véritable soulagement pour les articulations. Mais si la perte de poids s’accompagne d’une diminution de la masse musculaire, les articulations se retrouvent mal soutenues. Sans muscles solides pour les stabiliser, le cartilage se retrouve seul à absorber les chocs et les pressions, ce qui peut accentuer les douleurs, les blessures et la progression de l’arthrose.

Une perte de poids réussie n’est donc pas seulement une question de chiffres sur la balance, mais aussi de fonctionnalité, d’équilibre et de force.


L’activité physique : à initier dès le début du traitement

Commencer à bouger tôt, dès le lancement du traitement, est une stratégie gagnante.
Lorsque le poids diminue, les articulations sont soulagées, mais les muscles restent souvent faibles car ils ont été peu sollicités. Si rien n’est fait, la perte de poids ne s’accompagne pas d’une amélioration de la tonicité ni de la force.

Dans ce contexte, l’intervention du physiothérapeute ou de l’éducateur physique est essentielle pour adapter l’effort, sécuriser les mouvements et reconstruire une force fonctionnelle compatible avec les activités du quotidien.

Mettre en place un programme de renforcement musculaire progressif dès les premières semaines est donc idéal pour réentraîner progressivement le corps.

Les bénéfices sont multiples :

  • restauration de la masse maigre
  • amélioration de la posture et de la stabilité
  • réduction des douleurs et meilleure récupération fonctionnelle

Ainsi, la perte de poids devient non seulement visible sur la balance, mais aussi utile et fonctionnelle dans la vie quotidienne.

Le corps ne se contente pas d’être plus léger, il devient plus fort et plus mobile.


Bien manger pour ne pas perdre ses muscles : l’importance du suivi

Le rôle du suivi nutritionnel est central.

Le traitement médicamenteux facilite la régulation de l’appétit, mais il doit s’accompagner d’une rééducation alimentaire adaptée pour maintenir un apport suffisant en protéines, vitamines et minéraux, tout en évitant les déficits énergétiques trop sévères. Ces nutriments sont les “briques” nécessaires à la reconstruction musculaire et au maintien d’un métabolisme actif.

En parallèle, le suivi médical assure la sécurité et la continuité du traitement.

C’est l’interaction entre médicament, nutrition et mouvement qui garantit un résultat complet et durable.

Pour préserver la santé à long terme, il faut associer :

  • une rééducation alimentaire encadrée par un·e spécialist·e de la nutrition,
  • un programme d’exercices supervisé par un·e éducateur·trice physique 

Sans cela, la perte de poids risque d’entraîner une fonte musculaire et un métabolisme affaibli.


Perdre du poids ne suffit pas : il faut préserver la fonction

La perte de poids peut améliorer la santé, réduire les douleurs et soulager les articulations, mais sans préservation de la masse musculaire, elle peut aussi fragiliser le corps, ralentir le métabolisme et compromettre les bénéfices à long terme.

Perdre du poids est donc un premier pas.
Préserver ses muscles et améliorer durablement ses habitudes de vie, c’est ce qui permet d’obtenir un résultat réellement bénéfique pour tout le corps.

Au centre de physiothérapie DR.E, en collaboration étroite avec Vivian Seulin, thérapeute en nutrition , nous défendons une approche globale et encadrée, dans laquelle la perte de poids – lorsqu’elle est médicalement indiquée – s’inscrit dans un véritable projet de santé fonctionnelle.
Cette prise en charge repose sur un travail main dans la main entre professionnels, associant suivi médical, accompagnement nutritionnel personnalisé et renforcement musculaire progressif.

La clé d’un résultat sain et durable réside dans cette synergie :

  • un traitement médicamenteux strictement encadré lorsqu’il est nécessaire
  • un suivi nutritionnel adapté pour préserver la masse musculaire
  • et un accompagnement physio thérapeutique ou physique pour maintenir la force, la stabilité et la mobilité

Un corps plus léger est un bon début.
Un corps plus fort, plus mobile et fonctionnel, c’est l’objectif.

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